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Dying for Sex, avis sur une série entre sexualité, maladie et BDSM

J’avais découvert l’existence de cette série via les bandes-annonces Disney+ dans mon fil Instagram, et j’ai été rapidement séduite par le fait qu’elle allait aborder un sujet assez tabou : la sexualité lorsque l’on est atteint d’une maladie grave.

D’autant plus que c’est tiré de l’histoire vraie de Molly Kochan, qui a documenté cette période de sa vie via un podcast.

Alors ni une ni deux, me voilà partie pour le visionnage des 8 épisodes de Dying for Sex.

Dans cet article, je vous partage mon avis sur la série Dying for Sex, entre sexualité, maladie et découverte du BDSM.

représentation BDSM dans Dying for Sex

Infos sur la série :

🎬 Titre : Dying for Sex (série)
📺 Format : 1 saison, 8 épisodes d’une trentaine de minutes
📅 Année : 2025
🎥 Réalisation : Kim Rosenstock et Elizabeth Meriwether
🖥️ Disponible sur : Disney+
🏷️ Thèmes : Sexualité et maladie / Découverte du BDSM

Dying for Sex : de quoi parle la série ?

Molly, une femme atteinte d’un cancer du sein, quitte son mari après 15 ans de mariage et commence à explorer sa sexualité.

Pour se lancer dans cette nouvelle aventure, elle bénéficie du soutien de sa meilleure amie, Nikki, qui reste à ses côtés jusqu’au bout.

L’ensemble de la série a été écrit à partir du podcast éponyme créé et co-animé par Molly Kochan et Nikki Boyer.

Pourquoi regarder Dying for Sex ? Une série sur la sexualité et la maladie

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je n’avais jamais vraiment lu ou écouté de témoignages autour de la sexualité des personnes atteintes de maladies telles que le cancer.

Probablement parce que la lourdeur des traitements fait que ce n’est pas vraiment la priorité des patient·e·s.
Possiblement aussi parce qu’à ce moment-là, le cerveau est tellement préoccupé par tout un tas de choses stressantes que la libido n’est pas vraiment au rendez-vous.

Si on fait un pas de côté par rapport à la série, je pense qu’à ce moment-là il est aussi extrêmement compliqué de gérer l’image que l’on a de soi, car certains traitements peuvent profondément modifier l’apparence physique.

Ainsi que la relation que les gens ont avec la personne atteinte d’un maladie, comme si sa vie s’arrêtait et qu’il ne fallait pas avoir de contact avec pour ne pas être contaminé ( même pour des maladies non contagieuses ). On n’est plus une personne au yeux des gens , on devient un·e malade. 

Bref, vous me connaissez : les reviews sont pour moi l’occasion de tirer le fil de ma pensée… et parfois (souvent), je digresse 😅

Mais pour revenir à la série, j’ai été étonnamment surprise.
Parce que contre toute attente, devinez à quelle sexualité Molly va adhérer ? Le BDSM.

Clairement inattendu, d’autant plus que la bande-annonce n’en parlait absolument pas.

Vous vous doutez bien que ça a attiré deux fois plus mon attention 😂

Même si le premier épisode peut sembler peu prometteur, dès le second les choses se mettent rapidement en place.

On découvre un personnage qui a cet objectif de vivre intensément sa fin de vie, avec une quête très claire : avoir un orgasme, elle qui n’en a jusqu’à présent jamais eu.

On fait également connaissance avec le personnage de Nikki, la meilleure amie, qui devient petit à petit aidante, avec toutes les problématiques et les responsabilités que ça implique.

personnages série Dying for Sex

Et si ce personnage peut être un peu “crispant” au début, très rapidement on finit par s’y attacher profondément.

Alors pourquoi s’attarder sur Dying for sex ?


Il y a vraiment énormément de raisons :

  • la thématique sexualité et maladie
  • la place de l’aidant, montrée sans glamourisation
  • et bien entendu… la partie BDSM

Sexualité, maladie et BDSM : ce que la série montre vraiment

Sexualité et maladie : un sujet encore tabou

Bien entendu, le simple fait de pouvoir parler de maladie et de sexualité est déjà une forme de bras de fer rafraîchissant.

La série nous rappelle à quel point il n’est jamais trop tard pour explorer, découvrir des choses et apprendre à se connaître.

Il est aussi question d’acceptation :

  • des complexes
  • du corps qui change
  • du corps qui porte des cicatrices

Et de comment on apprend à composer avec tout ça, pour réussir à s’ouvrir… et à s’aimer.

Une représentation du BDSM enfin réaliste dans une série

représentation BDSM dans Dying for Sex

Côté BDSM, ça fait tellement de bien de voir une série qui ne s’en sert pas comme un ressort pour stigmatiser, ni comme un fantasme hyper sexualisé et glamour.

Plusieurs choses m’ont vraiment marquée :

  • On est ici sur des relations de jeu, pas sur du D/s 24/7 ultra protocolaire
  • La co-responsabilité est mise en avant, loin du cliché où tout repose sur la personne Dominante
  • On explore ce que certaines pratiques peuvent venir réactiver émotionnellement
  • Le consentement est présent, sans être surfait ou cliché, il apporte même parfois une touche d’excitation.
  • Dying for sex offre une vraie diversité de kinks, pas uniquement centrée sur l’impact ou l’obéissance
  • Via Molly, on accède aussi au dialogue interne côté Dom, avec les hésitations, les questionnements, les envies
  • Le respect des limites est clair, avec des soumis qui utilisent leur safeword sans peur

La dimension queer est également bien représentée, avec des personnages LGBTQIA+, des rôles non stéréotypés et, encore une fois, ça fait du bien.

Les limites de Dying for Sex : ce qui m’a dérangée

Pour autant, il y a deux éléments qui m’ont fait tiquer :

👉 Le discours autour du fait qu’il faudrait passer par la soumission pour pouvoir dominer.
Pour moi, c’est une idée franchement bullshit, qui perpétue des croyances fausses. On peut très bien dominer sans être passé par la soumission.

👉 Le fait que Molly ait été victime d’abus sexuels dans l’enfance.

Je nuance : c’est quelque chose de très réaliste, que je retrouve régulièrement dans les accompagnements en sexothérapie.
Des réminiscences, des blocages, un impact sur la relation à soi et à l’autre.

Mais ce qui me dérange, c’est l’association implicite qui revient encore une fois :

👉 sexualité alternative = violence subie dans l’enfance

Et ça, ce n’est pas une réalité systématique.
On peut avoir une sexualité BDSM sans trauma, sans violence, sans passé d’abus.

Notre avis sur Dying for Sex : une série à voir ?

personnages série Dying for Sex Molly Nikki

Malgré ces points, ça reste pour moi une excellente série, qui se binge-watch très facilement.

Elle est :

  • touchante
  • drôle
  • profondément humaine
  • et étonnamment lumineuse

Elle apporte énormément de choses intéressantes sur la sexualité et le BDSM.

Les personnages sont attachants (mention spéciale à l’assistante sociale), et j’ai particulièrement aimé la manière dont la série met en lumière la vie de l’aidant :

  • la charge mentale
  • la responsabilité
  • mais aussi l’altruisme

Ce qui est particulièrement fort, c’est cette capacité à faire coexister :

  • la gravité du sujet
    et une forme de joie de vivre presque contagieuse

On rit, on pleure, mais aussi on réfléchit… Une série à regarder de toute urgence.

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