Journal de soumission couple BDSM 24/7 wannxlesah wannxles_ah
Extrait du journal de soumission

Se perdre pour mieux se retrouver

11/03/2023

Quand le jeu perd son sens

La semaine dernière, N/nous avions eu cette discussion peu commode, tant pour Mon Maître que pour moi. De longs mois que je prends très peu de plaisir dans ce que N/nous faisons, de longs mois que N/notre jeu est « plat ». Il a perdu son énergie, sa sensualité, pour aller droit à la partie impact « dépersonnalisée », avec cette sensation désagréable que ça pourrait être moi ou une autre personne sous ses coups, ça ne changerait pas grand-chose.

J’avais déjà tenté de lui en parler plusieurs fois, mais ça n’avait pas vraiment résonné chez lui. Peut-être n’avais-je pas utilisé les bons mots. Cette fois, je lui en ai parlé avec l’aide d’un couple qui N/nous est proche, expliquant que moi aussi, même si je suis capable d’accepter « beaucoup », j’ai besoin de tendresse, de ressentir son amour, de douceur et d’un jeu plus cérébral, montant progressivement en température et en excitation.

Un Maître à l’écoute

Je ne pensais pas qu’il serait capable de cheminer si vite. Je ne pensais pas qu’il pourrait appliquer cela de manière si rapide. Et dans ces moments, je mesure l’immense chance que j’ai d’avoir un Maître à l’écoute, souhaitant œuvrer pour N/notre plaisir commun, et pas seulement pour le sien.

Préparer une séance autrement

N/nous sommes samedi et N/nous sommes invités chez un couple, en compagnie d’autres convives, pour dîner ensemble et potentiellement jouer. À la différence d’habitude, N/nous partons léger : inutile d’emmener N/notre énorme mallette. Pour ce soir, ça sera foutinet, griffes et fouets.

Sur le moment, ça me fait bizarre que l’on parte avec si peu. Mon Maître ne va-t-il pas être frustré de ne pas pouvoir choisir ses armes ? En même temps, je ne suis pas vraiment en état psychologique de subir des choses trop « dures », vu N/notre discussion de la semaine dernière et les récents événements. Si O/on joue ce soir, le but est avant tout de se réapprivoiser, de retrouver du plaisir commun.

Entrer dans la bulle

La soirée se passe, O/on discute, O/on rit, l’ambiance est chouette et chacun commence à se motiver pour jouer. N/nous sortons fumer pour N/nous entendre sur la séance à venir. Mon Maître passe en revue mes besoins, il récapitule ce que je lui ai dit la semaine dernière pour s’assurer d’avoir compris. Il s’inquiète aussi de savoir si je veux réellement jouer. J’apprécie de le voir à ce point attentionné. Encore une fois, je mesure ma chance : nombreux sont les pseudo Maîtres qui ne se donneraient pas cette peine.

Une fois rentrée, je me déshabille et me mets en position pour commencer à créer ma bulle. Le regard au sol, je peux quand même apercevoir Mon Maître aller et venir. Il s’assoit sur un canapé à quelques mètres de moi et tape sur sa cuisse, comme on appellerait sa chienne, pour que je le rejoigne. Me voilà à quatre pattes, trottinant au milieu de ce salon pour me positionner à ses pieds.

Retrouver la chienne en moi

Un sentiment de fierté m’envahit. Ça fait si longtemps que je ne me suis pas sentie être sa chienne. Je me repositionne à ses pieds, il me caresse les cheveux puis les empoigne fermement pour me placer sur ses genoux. Le chaud des caresses, le froid de sa poigne, le début de séance. Mon esprit se délecte et se met progressivement dans un état qui m’avait manqué.

Il caresse d’abord mes fesses, puis la première fessée tombe. Au rythme de la musique, il continue progressivement à me chauffer avec ses mains. Je me cambre un peu plus pour venir à leur rencontre. Il caresse et frappe, quelques sons de jouissance que je ne peux réprimer sortent. Il est là, présent à ce qu’il fait, se servant de sa main libre tantôt pour me soutenir, tantôt pour me caresser, tantôt pour intensifier la fessée.

Impact, présence et abandon

L’impact se durcit : d’abord la paume de ses mains, puis ses poings. Je mouille. Petit à petit, je réapprivoise mon plaisir, mon cerveau part, mais je songe tout de même au sien. En prend-il autant que moi dans cette séance finalement très simple ?

Mes fesses chauffent sous ses mains, je me frotte frénétiquement à lui, telle la petite chienne en recherche de plus. Il s’en amuse, joue avec ses sensations retrouvées. L’impact monte crescendo, me laissant des pauses pour pouvoir m’en délecter.

Puis viennent les griffes. Elles balaient mon corps, tantôt caressantes, tantôt mordantes. Je jouis. Tout est là : N/nous et N/notre énergie, son amour que je ressens, les coups qui me transcendent. Je rechemine vers mon pourquoi. À cet instant, je retrouve la raison pour laquelle je me suis lancée dans cette aventure.

Douleur, intensité et orgasme

Il pose une griffe en bas de mon dos et reprend la fessée, qu’il alterne avec un petit coup sur la griffe, ce qui a pour effet de faire pénétrer les pointes dans ma chair. Une nouvelle technique, une nouvelle douleur, mes sens en émoi. Je sens que la peau de mes fesses est fragile, je la sens irradier de chaleur. Il n’a pas dû louper l’information, car il décide de les empoigner fermement pour les pincer.

La sensation de mes fesses meurtries sous ses doigts, d’une puissance inouïe, fait que la douleur irradie dans l’ensemble de mon corps et me déclenche des spasmes et un puissant orgasme. La séance est ponctuée de « oh oui, encore ». Je prends clairement mon pied à être cette petite chose fragile qu’il torture, et à sentir, par ses gestes prévenants, que je suis également la chose la plus importante à ses yeux.

D’une main, il fesse, de l’autre, il pince différentes parties de mon corps. Mon cerveau est aux abonnés absents. Enfin, il a arrêté ses questionnements qui me pourrissaient la vie en séance. Peut-être est-il aussi rassuré que moi.

Aftercare et reconnaissance

Mon Maître m’attrape fermement les cheveux, il me relève et m’embrasse passionnément. Je me laisse couler à ses pieds pour les embrasser et le remercier. Je reste là un instant, sa main caressant mes cheveux, puis je me love dans ses bras, tellement reconnaissante de ce qu’il vient de me faire vivre.

N/nous sortons fumer pour débriefer de ce moment. Au passage, j’en profite pour soutenir S, qui est en pleine séance. Je lui prends les mains et la câline pour l’aider à supporter la douleur. Arrivée dehors, je fais part à Mon Maître de mes interrogations quant à son plaisir. Il me rassure, me disant qu’il a pris tout autant son pied que moi. Je lui confie que je suis extrêmement reconnaissante, que ça fait un moment que je n’avais plus ressenti tout ça lors de N/nos jeux, et que je suis heureuse et pleinement comblée à cet instant. Bien que pleinement comblée, il faut vite le dire : ragaillardie par le retour de toutes ces sensations, j’espère pouvoir vivre une autre séance ce soir.

Un second round

Quand N/nous retournons dans le salon, les jeux touchent à leur fin pour laisser place à l’aftercare. Les discussions vont ensuite bon train au sujet du BDSM, de la gestion de la douleur, des ressentis de chacun. J’adore ce genre de moment, où O/on philosophe autour de N/nos pratiques. Les points de vue et les tips des uns et des autres sont toujours extrêmement intéressants.

M & S décident de rouvrir le bal des séances et se mettent dans un coin pour jouer. N/nous ne tardons pas à emboîter le pas, encore tout excités de la séance que N/nous avons faite. Pour ce second round, c’est foutinet et fouet au programme. J’espère profondément que ça se passera aussi bien que la première séance, bien que les objets utilisés soient « plus techniques ».

Il m’installe appuyée au comptoir de la cuisine et commence doucement à me chauffer le dos à l’aide des foutinets. C’est bon et c’est doux. Le rythme est calme, hypnotique, les coups portés sont juste ce qu’il faut. De temps en temps, il s’approche pour me toucher, me demander l’état dans lequel je me sens. C’est bon de le sentir ainsi : moins concentré sur la technique, plus concentré sur N/nous et sur ce qu’il est en train de faire.

Je me cambre pour bien sentir la morsure, me délecte du plaisir qu’il fait monter petit à petit, alternant avec des enroulés. Je ferme les yeux et prends plaisir à sentir les instruments comme le prolongement de sa main, sentir sa main m’attraper le cou pour me stranguler.

Clore la séance

Il est temps de passer au fouet. Mon Maître me change de place pour avoir plus de recul et commence à titiller doucement ma peau à l’aide de l’un des fouets que je lui ai confectionnés. L’énergie est érotique et douce. Le premier coup vient faire l’effet d’une bombe dans mon cerveau. Je retrouve le plaisir de ce fouet manié avec finesse, de son amour qui me couve.

J’ondule sous ses coups, ronronne comme une chatte. Ça s’intensifie progressivement. Je suis envoûtée, comme en dehors de mon corps, vibrant sur le flot des sensations. Il est présent, me touche par moments pour s’assurer de mon plaisir. Puis un impact plus lourd : le fouet de Soly. Ça ne me sort pas de ma torpeur, au contraire. J’absorbe ce qu’il m’offre, je souffle pour apprécier. Il augmente la puissance, jusqu’à entendre un cri. C’est le coup de grâce, celui qui sonne la fin de séance, celui qui finit de me faire décoller.

Il s’approche, me serre dans ses bras. Je ressens son amour, sa fierté. Je me sens encore plus amoureuse et reconnaissante.

Ce que la communication rend possible

Parfois, ce n’est pas toujours parfait. Mais avec la communication et deux personnes qui s’aiment, tout est possible. Aujourd’hui, après bientôt quatre ans, O/on tâtonne encore, mais grâce à lui, à sa capacité à écouter, à se remettre en question, j’ai la sensation que N/notre couple est invincible, qu’il N/nous reste encore plein de belles choses à vivre et que, quoi qu’il advienne, N/nous trouverons toujours les solutions pour continuer cette idylle.

20/01/2026

Ce texte a été écrit en 2023.

À l’époque, je ne l’ai pas publié. Pas par honte. Pas par regret. Mais par peur de faire du tort à N/notre couple.

Me replonger dedans aujourd’hui n’a rien de confortable. Il y a des zones de flou, de doute, de fatigue, de perte de sens. Mais il y a surtout quelque chose de précieux :
la preuve que N/notre couple est capable de traverser, d’écouter, de se remettre en question… et de se retrouver.

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1 commentaire

  1. Une très beau témoignage.

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